Le plus haut gratte-ciel de Suisse grandit chaque deux semaines

Avec une hauteur de 205 mètres, la tour Roche « Bau 2 » en cours de construction à Bâle sera le plus haut bâtiment de Suisse. Il s’agira non seulement d’un nouveau symbole national, mais aussi d’un ouvrage qui aura nécessité une technique de construction ingénieuse.

Terminée en 2015, la tour « Bau 1 » de 41 étages du groupe pharma F. Hoffmann-La Roche SA sera à l’avenir accompagnée d’une voisine de taille : une nouvelle tour de bureaux baptisée « Bau 2 ». Ces deux gratte-ciel s’inscrivent dans la restructuration architecturale complète du siège principal du groupe à Bâle qui accueillera d’autres nouveaux bâtiments ces prochaines années.

Des fondations techniques exigeantes à la base du gratte-ciel

Pour pouvoir ériger la tour Roche « Bau 2 », il a été nécessaire, après avoir préalablement déconstruit un bâtiment, de réaliser une fouille de 20 mètres de profondeur et de 2400 mètres carré de surface dans la nappe phréatique ainsi qu’une fondation massive avec des pieux de grand diamètre et des tirants d’ancrage. En octobre 2016, le maître d’ouvrage Hoffmann-La Roche a confié la réalisation de la fouille et des fondations à la communauté de travail Roche Bau 2 (ABR) composée des entreprises Implenia Suisse SA Special Foundations (direction technique) et Bauer Schweiz AG. Pour cette fouille, il a été nécessaire de créer une paroi de pieux sécants de 1200 millimètres de diamètre. L’exécution des 104 pieux de fondation au total a été réalisée de manière analogue, à une cote de –10 mètres depuis le terrain, nécessitant ainsi des forages à vide de 10 mètres environ. En ajoutant à cela les longueurs prévues des pieux, on atteignait des profondeurs de perçage de près de 40 mètres.

Les fondations de la tour Roche ont été réalisées durant une phase de construction de trois mois. Au total, 5700 mètres cube de béton et 2000 tonnes d’armatures en acier ont été intégrés en douze étapes à la dalle de fondation du gratte-ciel qui présente un plan de sol de 59 × 32 mètres. Près de 13 000 tonnes d’armatures en acier (dont 3000 tonnes à visser) seront nécessaires jusqu’à la fin du gros œuvre. Plus de 14 000 coupleurs d’armatures ont été utilisés pour la réalisation de la dalle de fondation massive de la construction.

Une technique de coffrage efficace

Au commencement des travaux d’entrepreneur de début juin 2018, il s’agissait d’installer le coffrage grimpant des deux noyaux centraux du bâtiment sur la dalle de fondation massive. Au terme de la réalisation des premiers étages par la communauté de travail Marti Roche Bau 2 composée des groupes Marti Zurich et Marti Bâle, il a fallu procéder au mois de mai passé à l’installation d’une enceinte de protection contre le vent au 4e étage. Depuis la fin du montage complet, cette construction sans échafaudage est devenue une réalité pour les 46 étages restants du gratte-ciel.

Le bâtiment grandit désormais d’un étage chaque deux semaines. Selon le programme de construction, la tour comprendra 50 étages et fera 205 mètres de haut au début 2021. La communauté de travail Marti Roche Bau 2 signale de son côté que les travaux de construction sont bien avancés : pas seulement grâce à l’hiver passé relativement doux, mais aussi et surtout parce que c’est la même équipe que celle chargée du bâtiment « Bau 1 » qui a été engagée.

Montage des coffrages à l’étroit

Au vu du défi logistique représenté par l’exploitation en situation centrale et étroite d’un grand chantier pour le gratte-ciel « Bau 2 » de Roche, les planificateurs de la structure porteuse ont décidé en collaboration avec la communauté de travail de l’entreprise Marti de miser sur la technique de coffrage éprouvée de Meva AG avec coffrage grimpant automatique, coffrage mural et étais de support. Les expériences récoltées lors de l’exécution des travaux de la tour Roche « Bau 1 » ont été utiles dans ce cadre. La structure centrale du bâtiment « Bau 2 » sera construite de la même manière que la première construction, qui a été réalisée avec deux noyaux simultanément. C’est sur cette base qu’ont été élaborés les éléments de coffrage des quatre sous-sols ainsi que le coffrage grimpant automatique pour les noyaux du bâtiment. Une arrivée de cage d’ascenseur a été au préalable intégrée à la dalle de fondation de 2,5 m d’épaisseur au troisième sous-sol. Avec l’intégration des puits, la dalle présente une épaisseur de 4,25 m. Pour les murs de 7,9 m de haut, Meva a opté pour des coffrages muraux de type Mammut 350 et des étais de support 450. Le grand coffrage mural a permis d’atteindre la hauteur requise de deux étages.

Coffrages grimpants montés sur mesure

Les deux noyaux du bâtiment présentent de nombreux puits et par conséquent une géométrie plutôt sinueuse. Il s’agit là d’intégrer au total 3 cages d’escaliers, 16 cages d’ascenseur et différentes gaines techniques. En ajoutant à cela une surface de coffrage de noyau de 2200 mètres carré, les planificateurs de coffrage de Meva doivent faire face à des défis de taille. Le système hydraulique du coffrage auto-grimpant MAC est planifié spécialement pour ce grand projet et monté sur mesure sur le plan de sol des deux noyaux conçu de manière conventionnelle. Pour ce faire, 100 plateformes ont été préparées spécialement, avec notamment pour objectif de fournir les supports, les poutres et les cylindres dans les dimensions souhaitées. Le montage prêt à l’exploitation du système complexe de coffrage auto-grimpant MAC a été réalisé en quatre semaines. Ce système a été mis en service au troisième sous-sol et est passé par l’ouverture du plafond.

Afin de pouvoir terminer cette opération, la communauté de travail Marti a eu recours à la tour d’étaiement modulaire Meva MEP afin de supporter le coffrage du plafond. Le noyau de la tour Roche « Bau 2 » grandit actuellement d’un étage chaque deux semaines. Dans ce cadre, le système de protection utilisé MGS et le système MAC avec plateformes de travail fermées garantissent les plus hauts standards de sécurité.

Texte: Curt M. Mayer

Photo: zvg