Interview d’Heinz Ineichen, membre du Comité central de la SSE

Cette année, le Parlement a décidé que la qualité jouera désormais un rôle plus important dans le cadre des marchés publics. Selon vous, quelles sont les conséquences pour la construction?

J’espère que le vote clair des Chambres fédérales sur la LMP représente le début d’une ère nouvelle. Les organes adjudicateurs se sont appuyés de manière unilatérale et beaucoup trop longtemps uniquement sur le prix, plaçant un seul aspect (important, certes) au centre des préoccupations. L’avantage de cette méthode était la transparence des décisions d’adjudication. Reste à espérer que la mise en œuvre des lois et accords aux niveaux cantonal et communal se fera de manière coordonnée pour que les règles soient uniformes. C’est une excellente opportunité pour le domaine des marchés publics dans le sens d’une réorientation.

Les dommages au bâtiment engendrent des coûts qui correspondent à 8% environ des investissements dans le bâtiment. Ceci nuit à l’image de la construction. Quelles sont les mesures prises par la SSE dans ce domaine?

La SSE fait preuve d’un immense engagement, de la formation professionnelle (formation initiale, formation continue, cours) jusqu’au soutien des membres dans le domaine de la digitalisation, en passant par les différentes publications et activités relatives à l’analyse des dommages au bâtiment et les recommandations pour les éviter: l’offre de la SSE est très variée.

Pensez-vous que la digitalisation peut contribuer à l’amélioration de la qualité de la construction?

Sans aucun doute. Une grande partie des dommages au bâtiment tiennent aux interactions entre les planificateurs et les entrepreneurs. L’utilisation de données et d’informations standardisées présente un énorme potentiel d’amélioration.

Passons à autre chose. Vous représentez la Suisse centrale au Comité central. Quels sont les domaines où le bât blesse pour les entrepreneurs de Suisse centrale?

La Suisse centrale n’est pas si différente des autres régions, même si nous sommes moins confrontés à l’influence des fournisseurs étrangers. Le marché aujourd’hui n’a plus une dimension locale, mais régionale, et le niveau des prix se rapproche de plus en plus de celui des régions limitrophes.

Par rapport à votre entreprise, quel est l’état de vos carnets de commande?

Nous sommes contents et regardons l’avenir avec confiance et optimisme. Le début de l’année prochaine est assuré, et notre périmètre d’activité entre les grands centres de Lucerne et de Zurich est toujours marqué par un taux de vacance relativement bas.

Quelles sont vos attentes envers la SSE en tant qu’association nationale?

En tant qu’association nationale, la SSE fournit les bases et définit les lignes directrices pour la mise en œuvre au niveau régional et au sein des sections. En outre, il y a certains domaines stratégiques qui revêtent une importance nationale et qu’il faut aborder au niveau de la SSE. Celle-ci doit en outre assurer la coordination entre les régions et les sections pour permettre une mise en œuvre optimale des projets.

Les Verts sont sortis vainqueurs des élections fédérales. Selon vous, quelles seront les conséquences pour la construction?

Espérons que les nouveaux élus se rendent compte qu’un grand potentiel d’économie d’énergie peut être réalisé grâce à la construction. Par ailleurs, la mise en œuvre de la stratégie énergétique est impensable sans des mesures de construction, qui sont également nécessaires pour répondre aux nouveaux besoins en matière de mobilité. En ce sens, je reste optimiste et suis convaincu que le travail ne manquera pas.

Quelles sont les raisons de votre engagement au sein de la SSE?

Cela fait plusieurs années que je m’engage au sein de l’association. Dès mon élection à la présidence de la fondation FAR, j’ai toujours entretenu une étroite collaboration avec la SSE. C’est pour cette raison que j’ai accepté spontanément d’intégrer le Comité central lorsqu’il a fallu remplacer mon prédécesseur. C’est très intéressant de pouvoir s’engager sur le plan national et stratégique, tout en représentant les intérêts de sa région.

Où voyez-vous la SSE dans cinq ans?

Je pense que certains thèmes qui sont d’actualité aujourd’hui le seront toujours dans cinq ans. L’association continuera à s’engager pour le partenariat social et à faire valoir les intérêts des employeurs. La digitalisation ne changera pas seulement nos métiers, mais introduira aussi de nouvelles formes de collaboration. Il est fort possible qu’à l’avenir, on utilisera moins souvent les salles de conférence.