« Il faudra veiller aux conditions des appels d’offres qui seront lancés dans le cadre de PRODES 2035 »

Conseiller national PLR candidat au Conseil des Etats, le genevois Hugues Hiltpold dirige un bureau d’architectes. Il connaît donc parfaitement le monde de la construction et les écueils auxquels les entrepreneurs sont confrontés au quotidien. La SSE recommande de voter pour lui le 10 novembre lors du second tour de l’élection au Conseil des Etats.

Les infrastructures constituent l’une de vos priorités pour la nouvelle législature. Pourquoi ?

Le Parlement a approuvé des investissements qui s’inscrivent dans le cadre de programmes de développement stratégique (PRODES). On parle ici de 12,9 milliards de francs pour le rail d’ici à 2035, et de 14,8 milliards de francs pour la route d’ici à 2030. Au cours de la prochaine législature, il faudra veiller aux conditions des appels d’offres qui seront lancés pour réaliser les projets prévus dans ce cadre.

Il faudra en particulier être attentifs à la provenance des matériaux et s’assurer que les entreprises romandes ne soient pas discriminées en raison de la langue des appels d’offres. Et il faudra bien sûr aussi éviter la sous-enchère. En ce sens, les ordonnances qui seront éditées pour la mise en œuvre de la révision de la loi sur les marchés publics (LMP) seront particulièrement importantes. Il s’agit en effet de sortir de la spirale infernale du prix le plus bas, afin que des paramètres comme la qualité, la durabilité ou l’innovation puissent également être pris en compte.

Les besoins en mobilité de la population et de l’économie suisses ne s’arrêtent pas à l’horizon 2035. Le projet PRODES 2040 figure à l’agenda de la prochaine législature et je compte faire valoir les besoins en mobilité qui continueront d’augmenter en Suisse romande, notamment dans la métropole lémanique, et défendre des projets d’envergure comme par exemple le RER genevois.

Quelles solutions proposez-vous en matière de protection du climat ?

En Suisse, près d’un tiers des émissions de CO2 provient du domaine du bâti. Le potentiel de réduction est donc très important. Aussi, il est primordial de poursuivre le Programme Bâtiments pour assainir le parc immobilier, d’autant qu’au-delà de l’aspect environnemental, ce programme profite aussi aux entreprises de construction et à l’économie indigène en général.

Vous êtes aussi très engagé lorsqu’il s’agit de défendre les entreprises, en particulier les PME.

Oui, car ce sont les PME qui font tourner la Suisse. Sans elles, pas de prospérité. Mais pour qu’elles puissent fonctionner et rester compétitives, il faut poser des conditions-cadres favorables, et cela à tous les niveaux. Je pense par exemple à l’accord cadre avec l’Union Européenne, qui doit permettre de poursuivre la voie bilatérale avec notre principal partenaire économique. D’autres domaines comme la fiscalité ont aussi un impact direct sur nos entreprises. La RFFA adoptée au cours de la législature qui s’achève a certes permis d’améliorer la fiscalité des petites entreprises. Mais la fiscalité qui pèse sur les PME notamment en cas de transmission d’entreprise est d’ordre confiscatoire et va parfois jusqu’à mettre en danger la survie-même de l’entreprise. Ce qui est d’autant plus injuste que ce sont précisément les petites entreprises familiales qui sont les plus touchées. Il conviendra donc de corriger le tir sous la Coupole fédérale.

Interview: Corine Fiechter